Les racines du fascisme.
T. Thomas
- l'ouvrage
présenté ici comporte 132 pages et vous sera adressé
sur simple demande en
format zip compressé -
Commande
INTRODUCTION : PARLER DU FASCISME ?
Le mot fascisme ne veut pas dire grand chose dans le langage courant
d'aujourd'hui. Trop ou trop peu: soit on l'utilise à propos de
n'importe quelle violence étatique ou policière (CRS-SS...)
soit on n'entend par là qu'un anti-sémitisme particulièrement
féroce. Si tout est fasciste, jusqu'au langage lui-même selon
BARTHES, rien ne l'est. Si seule la négation du juif l'est, alors
le fascisme n'est qu'un accident de l'histoire et rien n'est plus fasciste
aujourd'hui, pas même la négation, parfaitement équivalente,
du peuple palestinien par le sionisme.
Cependant beaucoup sentent plus ou moins confusément la montée
d'un danger en France, dont le développement du Front National
leur paraît souvent le signe précurseur. Or comment combattre
ce que l'on ne connaît pas? B. BRECHT nous a avertis que le ventre
est encore fécond d'où est sortie la bête immonde.
L'avertissement était judicieux. Mais reste mystérieux.
Car pourquoi cette fécondité, quel est ce ventre, qui est-ce
qui l'ensemence? Seule la réponse à ces questions, c'est
à dire la mise à jour de la cause, de l'origine, et de ce
qui nourrit le phénomène peut permettre de pouvoir espérer
agir sur lui. Se contenter d'en critiquer et combattre les résultats
est toujours agir et trop tard et trop superficiellement.
Parler du fascisme c'est d'abord pouvoir répondre à la
question: qu'est-ce que le fascisme? Pour celà il est impossible,
comme pourtant tant l'ont fait, de se limiter à la description
de telle ou telle forme spécifique qu'il a revêtue (nazisme,
mussolinisme, pétainisme etc...), de tel ou tel aspect qu'il a
particulièrement développé ici plus que là
(comme l'antisémitisme en Allemagne). Dans ses formes nationales,
il y a autant de fascismes différents que de situations historiques
différentes. Mais tous ont en commun leurs caractères essentiels,
chaque branche est rattachée au même tronc. C'est de l'essence
commune, des caractères généraux communs à
tous les fascismes dont nous parlerons. Car ce n'est qu'ainsi qu'on pourra
aller à la racine, et prévenir une victoire du fascisme
dans le futur. Car demain il ne revêtira évidemment pas les
mêmes oripeaux qu'hier: se fixer sur leur description peut amener
à ne pas voir sous quelles formes se développe le fascisme
d'aujourd'hui (et d'ailleurs il n'y aurait rien à craindre si celui-ci
se bornait au folklore nauséabond de nostalgiques du nazisme se
déguisant en SS).
La plupart du temps le fascisme est réduit d'abord à une
seule forme, le nazisme, puis à un seul fait, l'extermination qu'il
a systématiquement mis en oeuvre contre les juifs dans les dernières
années de son pouvoir (prolongeant dans ce carnage la politique
d'expulsion et de pillage des années 1930). S'il n'est "que"
cela, alors ni le nazisme des premières années, ni encore
moins les régimes de Mussolini ou de Franco ne seraient fascistes.
Et aujourd'hui le danger fasciste serait bien faible, l'antisémitisme
n'étant plus le racisme dominant.
Réduire le fascisme à certains de ses excès les
plus barbares, ce n'est pas seulement faire comme si d'autres de ses horreurs
étaient acceptables. C'est surtout masquer que le fascisme est
beaucoup plus ordinaire, plus banal, plus sournoisement répandu,
et est un phénomène beaucoup plus complexe et plus vaste
qu'un anti-sémitisme brutal. Qu'il n'est pas un accident, une folie
exceptionnelle, quasiment inexplicable et n'ayant donc que peu de chances
de se reproduire, pourvu qu'on veille à réprimer toute résurgence
de l'antisémitisme.
Le choix presque systématique de cette présentation très
restrictive du fascisme n'est pas anodin. Il permet d'occulter que le
pire ennemi de tous les fascismes furent les communistes (DACHAU, premier
camp de la mort, fut créé pour eux) et les résistants
combattants, quelle que soit leur "race". C'est à dire,
en le réduisant à un racisme, d'occulter les caractères
fondamentaux du fascisme déjà à l'oeuvre dans la
démocratie, dont le racisme n'est qu'une extrémité
particulière.
De plus en réduisant la cible du racisme fasciste aux juifs ("oubliant"
les slaves, les tziganes etc...) on a tenté de justifier la colonisation
sioniste de la Palestine, et de masquer que la négation du peuple
palestinien par les sionistes, son exode systématiquement et brutalement
organisé, le pillage de ses ressources vitales (terres et eau)
n'a rien de très différent de la même négation
des juifs organisée par les nazis. Ce genre de "purification
ethnique" s'effectue toujours au nom des droits supérieurs
du "peuple élu", Gott (ou Yavhé) mit uns, et il
n'y manque jamais un PETAIN-ARAFAT pour serrer la main du bourreau en
le remerciant d'avoir octroyé une zone-"libre", bantoustan
où il se chargera de faire la police pour le compte de l'occupant.
Certes il ne manquera pas d'ardents défenseurs des Droits de l'Homme
pour nous expliquer que ce ne sont pas ces faits barbares qui comptent,
mais celui-là, autrement plus important du point de vue du droit
il est vrai, que les membres du peuple élu participent démocratiquement
à ce processus par leurs votes, leurs actions, leurs volontés.
Il ne s'agit donc pas d'un fascisme israélien, mais d'une démocratie
israélienne.
Fort bien. Mais cela ne fait que prouver que le racisme et l'ethnocide
peuvent être démocratiques, approuvés par une majorité
populaire (cf. aussi l'ex-Yougoslavie). Ce que HITLER et MUSSOLINI et
PETAIN savaient déjà puisqu'ils ont été élus
démocratiquement. Cela ne fait qu'attirer l'attention sur ce que
je souhaite montrer dans ce livre, à savoir:
-1°) que fascisme et démocratie ne sont que deux formes politiques,
alternant suivant les circonstances historiques, des mêmes rapports
sociaux capitalistes;
-2°) que le fascisme est un phénomène de masse qui peut
fort bien être démocratique tant que la masse approuve et
soutient son idéologie et ses objectifs (comme de nos jours en
Israël).
Que le fascisme soit un phénomène bien banal et bien profondément
inséré au coeur de la démocratie bourgeoise, nous
l'avons encore appris récemment quand la vie du grand héros
de la gauche, F. MITTERAND, a été étalée sous
nos yeux , comme nous l'avions déjà appris quand les chefs
de la Gestapo en France ont été graciés par la République,
et en bien d'autres occasions où est apparue la sympathie, engagée
ou prudente en actes mais toujours très réelle, des "élites"
française vis à vis du fascisme.
Dès la fin de la guerre la question de savoir s'il fallait sanctionner
sérieusement ne serait-ce que ceux qui avaient eu d'importantes
responsabilités (politiques, administratives, financières,
médiatiques et artistiques etc...) dans le régime PETAIN
avait vite du être résolu par la négative. Car ça
aurait été mettre en cause 95% des "élites"
bourgeoises, et donc la bourgeoisie elle-même. La démocratie
remise en selle n'envisagea d'ailleurs jamais une seconde d'épurer
au nom de l'anti-fascisme, mais seulement, et de manière homéopathique,
quelques collaborateurs. Vous fûtes fasciste, fort bien et pourquoi
pas? ("il était si difficile d'y voir clair", "un
moment d'égarement", "une jeunesse française",
les justifications ne manqueront pas). Collaborateur des allemands, traitre
à la patrie, voilà bien le vrai grand crime! Le seul impardonnable!
L'anti-fascisme a servi à justifier la guerre, à déclarer
tel camp impérialiste celui des bons et tel autre celui des méchants.
Mais la guerre n'a pas été anti-fasciste, où du moins
elle ne l'a été qu'accessoirement, par la défaite
des forces armées fascistes, pas par celle de l'idéologie
fasciste et l'éradication de ses causes. Elle a été
une guerre nationale-patriotique (y compris pour les dirigeants du PCF),
entre concurrents capitalistes pour la domination du monde.
"La majeure partie de l'activité réglementaire et
même législative de l'Etat (de Petain)...a été
maintenue...Comme a été confirmée la quasi-totalité
des fonctionnaires...Ni le vote des pleins pouvoirs, ni l'appartenance
au Conseil National de Vichy n'ont empêché nombre de parlementaires
parmi les plus importants d'être constamment réélus...On
constatera qu'il n'y a pas de réelle solution de continuité
pour tout ou partie de l'appareil d'Etat entre l'Etat français
de Vichy et l'Etat des républiques ultérieures." On
peut tout aussi bien ajouter: entre l'Etat de la république antérieure
et celui de Vichy.
Reste à savoir pourquoi l'essentiel des hommes et des idées
du fascisme ont ainsi survécu? Pourquoi la République n'apparait
que comme un simple ravalement à couleur démocratique? Pourquoi
les frontières sont-elles si floues entre démocratie et
fascisme au point que les mêmes responsables, la même police,
la même justice, qui avaient assassiné tant de résistants,
et les mêmes lois, puissent, à si peu d'exceptions près,
servir aussi aisément l'une que l'autre?
C'est ce que je tenterais d'expliquer dans les chapitres suivants, en
rappelant que le fascisme ne se caractérise nullement, dans son
essence, par l'exceptionnel, comme le coup d'Etat, ni même par la
violence, mais n'est qu'un prolongement, une radicalisation, à
une étape historique particulière du développement
du capitalisme, de comportements existants déjà dans la
démocratie, engendrés par les rapports sociaux de séparation
et de désappropriation qui caractérisent le capitalisme,
quelle que soit sa forme politique. De sorte que ces comportements sont
ceux de larges masses, que le fascisme est un phénomène
de masse, non pas une simple dictature militaro-policière ne s'imposant
que par la terreur d'un petit groupe.
Nous verrons qu'en réalité le fascisme est avant tout la
proposition (absolument contradictoire et irréalisable) de restaurer
la force et l'existence de la Nation comme communauté tout en conservant
intact ce qui l'a créée comme communauté imaginaire,
de substitution, fétichiste (le fétiche étant justement
ce qui se substitue à la réalité dans la détermination
des comportements humains), à savoir: les rapports sociaux capitalistes.
Rapports qui, dans leur évolution moderne, aboutissent à
la division atomistique, à l'éclatement de la société.
En voulant empêcher un éclatement aussi inéluctable
que nécessaire, le fascisme ne peut aboutir qu'à l'emploi
de la violence la plus brutale, comme tous ceux qui veulent imposer coûte
que coûte une volonté contraire à la réalité
des rapports humains concrets; et aussi qu'à l'échec, une
idéologie ne pouvant faire ce que l'activité concrète
des individus défait tous les jours.
Le racisme n'est qu'une conséquence du fascisme, comme de tout
nationalisme exacerbé. Il n'en est pas l'essence, et l'antisémitisme
encore moins. Le fascisme peut aussi baser sa volonté de reconstruire
la communauté à l'aide d'autres mythes que celui de la "RACE":
par exemple sur la Religion, comme on le voit aujourd'hui avec l'intégrisme,
ou encore sur une mythique Idéologie Prolétarienne comme
on l'a vu avec le stalinisme, en fait sur n'importe quoi qui puisse servir
de substitut accepté, bien qu'artificiel, à des liens directs
entre les hommes sociaux.
Un des rares universitaires à avoir étudié sérieusement
le fascisme, l'américain R.O. PAXTON, a écrit justement
que ce ne n'est pas par les apparences qu'il revêt dans tel ou tel
pays, au sein de telle ou telle culture locale, de telle ou telle situation
historique, qu'on peut saisir le fascisme. Mais avant tout par la fonction
qu'il remplit. Celle-ci serait selon lui d'être: "un système
d'autorité et d'encadrement qui, dans la représentation
qu'il fait de lui-même, promet de renforcer l'unité, l'énergie
et la pureté d'une communauté moderne, c'est à dire
déjà consciente d'elle-même face à d'autres
communautés et déjà capable d'exprimer une opinion
publique."
C'est juste, mais on ne peut pas s'arrêter à la représentation
que le fascisme affiche de lui-même, à ce qu'il dit qu'il
fera. Il faut de plus dire ce qu'est cette communauté que le fascisme
promet de renforcer, et dire encore pourquoi "l'opinion publique"
y adhère.
Le fascisme ne prétend renforcer que la Nation, qui est, pour
lui et ceux qui le suivent, "la" communauté. Or défendre,
restaurer, développer la communauté nationale n'est au fond
pas le propre que du seul fascisme, mais de la démocratie également.
Alors qu'est-ce qui les distingue dans cette affaire? Rien d'autre que
les circonstances: le fascisme n'accède au pouvoir qu'en période
de crise aigüe du capitalisme. Il regroupe alors la masse de ceux
qui, inversant toujours l'ordre des choses, s'imaginent que l'affaiblissement
de la Nation est la cause de la crise et non l'inverse. Si crise il y
a c'est, selon eux, que le fétiche Nation n'a pas reçu les
soins et les sacrifices qui lui étaient dus. Ses membres, au lieu
de s'en faire les pieux serviteurs, se sont adonnés au culte idolâtre
des particularismes, de l'individualisme, des intérêts égoïstes,
abandonnant celui de l'esprit national, et avec lui leur âme éternelle,
les traditions et valeurs du sang et du sol qui fondaient solidement la
communauté dans les temps antiques et qui pourraient la refonder
aujourd'hui pourvu qu'on lutte contre l'avachissement du au matérialisme
dominant et à ses succédanés: la consommation, l'immoralité,
la jouissance. Bref pourvu que reviennent l'âme et l'esprit, la
force et la volonté.
Finalement on verra que le fascisme partage avec la démocratie
l'idéologie du fétichisme de la Nation. Mais il le porte
à un paroxysme: alors même que les Nations ont démontré
qu'elles sont incapables de jouer ce rôle de communautés
humaines que l'idéologie leur assigne, il prétend le leur
faire jouer de force, en invoquant pêle-mêle tout ce qui,
dans l'histoire ancienne des hommes, a pu être une forme de communauté,
mais alors de communauté sans individu. Le fascisme veut que la
Nation soit directement les individus, sans les intermédiaires
du citoyen et des élus. Vouloir que les individus réels
fusionnent avec une communauté mythique revient à escamoter
la réalité, à faire disparaître les individus
devant la Nation, incarnée par l'Etat (ce qui n'est que prolonger
ce que la démocratie a déjà presqu'entièrement
accompli). Il pense que la volonté politique suffit pour y arriver
pourvu qu'elle soit assez forte pour éliminer toute opposition.
Plus l'unité nationale est affaiblie par le mouvement du capitalisme
lui-même (expansion mondiale, brassage des capitaux et des populations,
luttes de classe) et plus le fascisme en cherchera les causes dans ce
qu'il considérera comme des ennemis de la Nation. Que ce soient
ceux qui la déchirent de l'intérieur par leurs luttes (le
prolétariat et ses organisations) ou ceux qui, pour différentes
raisons (racistes, culturelles, religieuses) seraient étrangers
à la pureté nationale.
Fascisme et démocratie partagent la même idéologie
nationale, à des nuances près, parce que ce sont deux formes
politiques exprimant les mêmes rapports de production. Le fascisme
fonde son succès sur les échecs évidents, l'impuissance
notoire de la démocratie à assurer une vie digne et correcte
au peuple. Il se présente aussi comme une révolution parce
qu'il fonderait un système économique qui ne serait ni communiste
ni capitaliste, mais national. En réalité si son anti-communisme
est forcené, son anti-capitalisme n'est que de pure forme. Il ne
prétend interdire que le "mauvais" capitalisme, le capitalisme
antinational, mondialiste, cosmopolite, à l'opposé du "bon",
celui qui investit pour la Nation, celui qui est au service de tous (un
capitalisme de "service public" pourrait-on dire). Sur ce terrain
du "bon capitalisme", on reconnaîtra qu'il n'y a aucune
différence fondamentale entre le discours réformiste de
la "troisième voie" étatiste et le discours fasciste.
Nous verrons aussi pourquoi et dans quelles circonstances les capitalistes
sont amenés à rallier et soutenir le fascisme, jusqu'à
lui concéder une part plus ou moins importante du pouvoir étatique.
Si ce soutien fut toujours décisif, il ne fut pas le seul: d'autres
couches sociales l'ont aussi, et massivement, soutenu, tant il est vrai
que le fétichisme de la Nation est une chose fort répandue
en ce vingtième siècle.
La grande et absurde boucherie de 1914-18 marque la faillite des deux
grands piliers idéologiques de la démocratie: la Liberté
et la Raison (la liberté de la propriété privée
et son corollaire, la rationalité de l'ensemble des choix des individus
privés). Ils se sont effondrés dans le bain de sang, ils
ont été broyés par des forces économiques
et étatiques s'avérant incontrôlables.
En même temps ces forces ont mis en branle des masses énormes,
au nom de la Patrie (nom de guerre de la Nation). Des masses pour une
large part paysannes, qui n'existeront bientôt plus, pour l'essentiel,
que comme des noms sur des monuments aux morts, ou comme des ouvriers
taylorisés dans les usines. En 1918, après l'énorme
bouleversement, les masses des pays développés ont majoritairement
basculé dans l'urbanisation et le salariat, et même ce qui
restait de ruraux n'étaient plus confinés à l'horizon
borné de leurs villages.
Masses urbaines que "l'élite" intellectuelle ne verra
que comme vulgaires, sales et brutales. Leur politisation, que cette concentration
rendait inéluctable, les feront se rassembler en organisations
syndicales et politiques qui effraieront cette "élite":
à bas la démocratie qui pourrait permettre que ces masses
incultes, donc manipulées, grégaires, prêtes à
se donner à n'importe quel beau parleur, influent sur le pouvoir.
A bas "La Gueuse"! Il faut sélectionner les "meilleurs"
autrement que par la démagogie inhérente à toute
élection!
De cette façon les intellectuels individualistes et élitistes
rejoignirent les intellectuels populistes "déçus du
prolétariat" (type SOREL), pour soutenir, tous ensemble, le
fascisme, le mouvement politique qui se prétendait ni capitaliste,
ni communiste, mais rassembleur des masses pour le véritable combat,
le combat national, derrière la véritable élite,
celle des chefs au verbe haut et aux muscles saillants, qui n'en appellent
pas à la raison, mais à la force et aux mythes.
Le fascisme c'est le mythe de la volonté politique, impuissante
car fondée sur l'incompréhension la plus totale des causes
de la crise, c'est une idéologie utopique d'un "bon capitalisme",
c'est l'adoration du fétiche Nation sensé être le
sauveur suprême des adeptes de sa secte.
Tel est le ventre de l'immonde bête que nous allons maintenant
disséquer plus en détail.
|